LA LOUPE "L’oisiveté est mère de tous les vices"

28 mai 2010

La loupe a connu le papier !

Filed under: annaba,Au quotidien,faculté,université — Loupe @ 1:25

Le 19 mai 2010, 200 exemplaires de la loupe ont été distribués au niveau de la faculté d’EL-Bouni, un petit projet qui se concrétise même si celui-ci a été fait à la va vite (pour ne pas dire bâclé) mais je suis plus pour le « produire  et ensuite en verra ! » bref j’espère que l’année à venir verra d’autres numéros de celle-ci et surtout d’avantage de participations de la part des étudiants et des enseignants aussi !

Ps : un petit merci @Safi, nanita, et yas’ elles se reconnaitront facilement ^^ pour leurs  précieuses aides !

Ps :2 y’a eu pas mal de fautes (syntaxe+orthographe) mais c’était quand même un sacré boulot pour une seule personne (mis en page, rédaction, impression, pliage de 200 feuilles X4 =>800 et enfin distribution) pas facile donc merci de votre indulgence

On manifeste!?

Filed under: algerie,annaba,Au quotidien — Loupe @ 12:57

Non non ceci n’est pas un appel à manifester, c’est juste un petit résumé de quelques rendez-vous culturels qui ont eu lieu à Annaba et auxquelles j’ai pu assister: [désolé pour la qualité des photos :"(  ]

Donc la première: expo sur les arts plastiques maghrébins (je crois que  c’était juste des exposants des pays du Maghreb ainsi que de l’Afrique noir aussi)

La seconde, Une conférence avec Stéphane Babey(très sympathique au passage ^^) Auteur de “Camus une passion algérienne” au niveau du CCF, et durant laquelle un petit débat autour de L’auteur de l’étranger, un débat malheureusement détourné chaque 2min en un débat politique par l’assistance alors que l’objet de cette conférence était en réalité tournée beaucoup plus sur l’artiste qu’était A. Camus.

Toujours au niveau du CCF, du théâtre cette fois ci avec la représentation du TARTUFFE de Molière, un chalenge pour Marie-Hélène Garnier (tout aussi sympathique) qui a su, avec brio, diriger des jeunes Bônois (ses) dans cette nouvelle création un mélange entre classique et impro à l’algérienne, un sublime mélange qui, au final, est une réussite.

Même si la langue de Molière couplée à  l‘alexandrin n’est pas chose aisée, on pardonnera facilement les petites erreurs face à une telle dynamique et à une telle magie.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

17 mai 2010

On s’en fout de ta vie. (2)

Filed under: feuilleton — Loupe @ 11:25

Ils se quittèrent à l’arrêt de bus où Mika a dû jouer des coudes pour gagner sa place, non pas au soleil, mais juste dans le bus bondée de monde à 18heures, l’heure des braves qui s’entassent en masse dans une carcasse crasseuse, rongée par la rouille et d’où s’échappent les odeurs de transpirations des petites gens qui font au quotidien la grandeur des autres.

-Ahser l’arrière !! Qu’une fenêtre du bus laissa s’échapper, alors que Tahar avait déjà tourné le dos à ce convoi funèbre.

-hnouda ma parole. Il se dit tout en s’éloignant du bus qui, les portes fermées, vrombit.

Tahar marchait à contre courant, l’obscurité reprenait sa place et ses partisans la leur. Les derniers retardataires pressant le pas donnaient l’impression qu’ils étaient poursuivi, où avaient-ils simplement peur de l’obscurité ?

-C’est dingue ce qu’une ville change d’attraits durant la nuit, elle est plus sereine, plus belle, plus vraie. Si le jour est un homme, la nuit est une femme, dangereuse.

Les rideaux des magasins se fermaient les uns après les autres, les lampadaires s’allumèrent ainsi que certains appartements du centre ville. Tahar s’oublia dans ses pensées.

-Pourquoi s’acharner dans cette mascarade ? On se réveille, on s’habille, on sort. Les plus chanceux ont des occupations officielles, bossent, étudient…. Une AUDI, vitres teintées, musique de malahi à fond, passa à toute vitesse.

-…. Ou encore, dilapident l’argent malhonnêtement gagné.

-Je suis certain que si la maison AUDI t’avais vu elle aurait arrêté de fabriquer ses bagnoles. Dégouté de ce spectacle, il continua son chemin. 15h33 marqué sur une horloge de la ville, Tahar eu un sourire et tira de sa poche son portable.

-18h20, il se mit à rire. -Bof, il doit certainement être 15h33 quelque part dans cette planète.

Des voitures garées le longs des trottoirs, des vieux sortaient de la mosquée alors que des meutes de jeunes trainaient en bas des immeubles, drôle de contraste.

-Ils ont raison les vieux de remercier Allah pour les avoir épargné cette vie, encore quelque années ils seront à ces cotés…ou non. Avant de renter chez lui, Tahar décida de dépenser les 30da, qu’il avait économisés en laissant Mika payer les thés au citron, dans un cyber du quartier.

-Salam ailikoum, y’a un poste ?

-Poste 4.

-Wa ailkoum essalam. Se dit Tahar dans sa tête.

Installé, il s’ouvrit sur le monde, où derrière un écran il trouva sa place, il respira. Après avoir consulté ses mails, il discuta avec un ancien ami qui, contrairement à lui, eut la chance de poursuivre ses études en France. Un bref coup d’œil sur l’horloge en bas de l’écran à droite le ramena à la dure réalité de son monde, c’était déjà l’heure de partir, de laisser sa place et reprendre celle d’un autre.

-Prends soin de toi et à la prochaine. Sur quoi il se leva et alla payer.

-attends, ta monnaie ! Lui cria le gérant.

En se retournant, il aperçut une main tendu au bout de laquelle se trouvait une pièce de cinq dinars.

-Pour boire. Lui balança Tahar souriant et désolé.

Déjà chez lui, le temps de se changer, de diner, il se trouva déjà allongé sur son lit, regardant le plafond jusqu’à ne plus le voir, ses yeux s’étaient fermés.

BiD.

16 mai 2010

On s’en fout de ta vie. (1)

Filed under: feuilleton — Loupe @ 10:47

« 3ich la vie » aussitôt un rictus narquois se dessina sur ses lèvres. Sur l’affiche, des jeunes de sons âge transpirant un bonheur faussement reproduit à son goût, presque indécent.

Tout en continuant leur balade forcée, il continua à ruminer ce slogan déplacé et abject dans sa tête.

-Quelle vie ? C’est quoi vivre ?

Pour lui, l’existence qu’il mène n’est qu’un combat inégal pour la survie rien de plus.

-Encore heureux que le suicide soit  Hram. Souffla t-il à Mika, qui lui, reluquait une jeune hijabiste new age.

-Bah, je serais plus là depuis longtemps sinon. Sans trop s’attarder sur ce qu’il vient de lâcher.

-Regarde, regarde, Allah i barek

C’est vrai que le Hijeb new age n’as plus rien en commun avec celui d’antan au lieu de cacher il montre, au lieu de calmer il excite, et au lieu de préserver il détruit.

-C’est normal, c’est la religieuseté actuelle.

Normal, Allahghaleb, Inchallah, autant de répliques formatées qu’on balance à tout va de nos jours, synonyme de notre incapacité, de notre insignifiance dans un pays où valait mieux mourir en martyr, durant une guerre dont personne n’en connait la véritable histoire, alors que, paradoxalement, tout le monde la scande fiévreusement

-Din rabi, faut être FLN-iste pour espérer vivre dans ce bled ? Cette phrase lui échappa mais le soulagea en même temps.

Ce à quoi relança Mika après quelque long silence.

-L’autre jour, j’étais chez El-hadj, tu connais, celui de la pizzeria, on parlait des anciens combattants, et là il me sort le dossier du propriétaire des lieux, et devine à combien s’élève sa rente ?

-Un ancien Moujahid ?

-Ouep.

- Je sais pas, 40 ?

-40 millions ? Il éclata d’un rire dépité.

-100 milliouuun  par mois ! En faisant exprès de rallonger le « ou ».

Et il se lança dans une énumération des biens de ce Moujahid digne d’un huissier.

-Ecoutes bien! Deux appartements au centre ville, trois magasins en bas de ces derniers, une licence de taxi, la même que j’essaie de louer pour faire le chauffeur de taxi, une pension de retraite et une autre d’ancien combattant et pour finir sa villa en bord de mer.

Son visage embrunit, honteux de son existence, il faisait tourner dans sa main une pièce de cinquante dinars, destinée à payer les deux thés au citron qu’ils allaient commander, comme à leur habitude, à la terrasse du café où ils vennaient de s’installer, fatigués par leur marche forcée.

-100 millions ! C’est hram sérieux, tout ça parce qu’il a eu la chance d’être nait au bon moment ? Je suis certain que durant la guerre, comme tant d’autres, il était entrain de piquer du riz en Tunisie !

Il s’était mis à postillonner en déblatérant à l’encontre de ces « pseudo-Moudjahiddines », coupé brutalement dans son élan par le garçon de café, venu pour prendre notre commande.

-Deux thés. Lui balança t-il, dépité.

-Citron, rajouta son complice.

Après un petit silence celui-ci l’interrogea :

-La bourse, ils l’ont versée ? Remarquant l’air blafard de Mika.

-Aucune idée, et puis de toute façon depuis qu’on me l’a sucrée, je m’en fous.

Mika s’était vu retirer sa bourse d’étudiant à cause de ses échecs successifs dans ses études. Connaissant la susceptibilité de son compagnon à ce sujet, il n’hésita pas à enfoncer le clou, et lui lança en souriant :

-T’avais  qu’à ne pas tricher cette année là!

-ça t’amuse ?

Tout en injuriant cet enseignant, il se mit à défendre sa cause. Devant une injustice on continue à se défendre refusant la sentence, s’arrangeant avec la peine.

-Il n’a même pas pu prouver son accusation, n’ayant que pour seul argument que cette phrase qui m’écœure rien qu’en y pensant « l’enseignant ne se trompe jamais ». Achevant son plaidoyer par un lourd Astaghfirullah.

Après cet incident, Mika avait perdu goût aux études, ce qui explique ses échecs à répétitions.

Entre temps, les thés au citron arrivèrent à point nommé, à force de s’égosiller on a très vite soif.

Son complice amusé par cette représentation volontairement provoqué, trempa à son tour ses lèvres dans son thé au citron, le regard porté sur les trépassant au devant.

BiD.

Page suivante »

Thème : Rubric. Un Blog WordPress.com.

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.